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Nous avons à Amiens un bel exemple du chœur et du cloître quasiment inchangés depuis leur construction. Contrairement à la coutume, c’est cette partie qui a été terminée la dernière.
Les parties hautes du transept et du choeur ont été élevées de 1258 à 1269, après qu'un incendie eut détruit les premières charpentes du choeur. Le grand vitrail de la fenêtre haute centrale n’a été posé qu’à la toute fin, en 1269.
Il est isolé et séparé de la nef par des grilles en fer forgé au XVIII° s qui ont remplacé le jubé original, et ce sont toujours des clôtures de pierres sculptées qui le séparent du déambulatoire, entouré de sept chapelles rayonnantes, dont la chapelle axiale, au centre, est similaire à celle de la Sainte Chapelle de Paris, bâtie à la même époque.
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Le choeur | Le maître-autel |
Le mur du fond, d’une grande finesse, est complètement ajouré et vitré : chaque arcade est divisée en 3 plus petites et son tympan est percé de 3 trèfles aux couleurs chatoyantes.
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| Vitraux de la chapelle axiale et du triforium | |||
C'est Adrien de Henencourt, doyen du chapitre au XVI° s, qui a fait garnir les travées du chœur de cette clôture, du côté Sud, pour y placer le tombeau de son oncle, Ferry de Beauvoir. Peu avant de mourir, il a fait, ensuite, placer ce qui serait son mausolée, à côté de celui de son oncle, dans la deuxième travée.
C’est au-dessus de ces deux monuments funéraires, sur un soubassement plein, sculpté et peint, et deux travées surmontées de quatre niches, qu’il a fait exécuter l’histoire de la vie de Saint Firmin, premier évêque d’Amiens, depuis son entrée dans la ville jusqu'à son martyre.
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La vie de St Firmin et les monuments funéraires | |||
Les reliques du Saint ont été retrouvées par miracle à St Acheul, un faubourg d'Amiens, par Saint Salve, évêque de la ville : dans un des tableaux, on voit le rayon qui l’a guidé jusqu’à cet endroit…
De l’autre côté, sur la clôture Nord, c’est la vie de Saint Jean-Baptiste qui est, de la même façon, représentée.
Le chœur contient un grand autel, disposé à la romaine, décoré d'un bas-relief doré, qui représente Jésus-Christ priant au Jardin des Oliviers. Derrière le maître-autel s'élève une grande gloire rayonnante en pierre et en bois que l’on aperçoit dès l’entrée.
Il est aussi célèbre pour ses magnifiques stalles, sculptées au début du XVI°s, plus exactement de 1508 à 1519. On y compte de nos jours 110 stalles au lieu des 120 d’origine : on en a retiré 10 pour mieux aménager le chœur aux XVII° et XVIII° s.
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Les stalles d'Amiens : une merveille de 4000 sculptures | ||||
Chaque côté comporte 31 stalles hautes, surélevées et surmontés d'un baldaquin réservées aux évêques et aux chanoines, et 24 stalles basses, qui accueillaient les chapelains et les enfants de chœur.
Deux stalles maîtresses, richement ornées, étaient réservées au roi et au doyen du chapitre. Cet ensemble impressionnant a été sculpté par les huchers et ymagiers d'Amiens.
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Les stalles maîtresses | Détail des grilles |
Les «huchers» étaient, chez les artisans bâtisseurs, les menuisiers. Ils exécutaient le gros œuvre, le montage des stalles, en quelque sorte. Les «ymagiers», que l’on nommait aussi «entailleurs», en étaient véritablement les sculpteurs. Ils travaillaient indifféremment le bois, l’ivoire ou la pierre et voyageaient parfois, pour les plus connus, à travers l’Europe des cathédrales en construction… Ils ont, ici, réalisé les décors décidés et commandés par les chanoines.
Ces sculptures marquent l'apogée du gothique flamboyant : miséricordes, fleurs et animaux, scènes de l’Ancien Testament, Vie de Marie, vie quotidienne des Amiénois des XV° et XVI° siècles : ce sont plus de 4000 personnages sculptés dans le bois qui constituent encore un véritable livre d’images et d'histoire pour le pour le fidèle.
Ces images, de même que les scènes sculptées dans la pierre des murs, aidaient à comprendre le mystère de la religion. Saint Bonaventure, dans le 3° livre des Sentences (XIII° s) ne disait-il pas : «Les images n’ont pas été introduites sans raison. Elles ont été inventées à cause du manque d’instruction des gens ordinaires qui ne peuvent pas lire et qui peuvent ainsi, par les sculptures et les peintures, comprendre davantage les mystères de notre foi, comme s’ils avaient des livres»...
Mais la journée s’achève, il est temps de rentrer à la maison. Nous nous promettons de revenir vite dans la région, qui nous promet d’autres bonheurs de visite : les vieilles rues d’Amiens ou les hortillonnages, par exemple…